Juillet. C'est fou comme les jours, les semaines passent vite! Juillet. Vacances. Remplies, certes, mais vacances. Du soleil, de gros bouquins qui m'attendent, et puis une flûte en vue du concours de septembre. Vacances. Je les attendais depuis le début de l'année, et elles sont enfin là.
Oui mais, et si elles n'avaient pas autant de raisons d'être convoitées que ce que j'espérais?
Parce que, mine de rien, la pression ne retombera pas complètement d'ici à la rentrée, mon concours m'angoissera toujours un peu plus. Et puis, j'ai toujours plus de raisons de me sentir humiliée. Par des regards de pitié. De mensonges. De moqueries. De jugements dissimulés. Tout cela ne m'a jamais quittée. Je me sens descendre, descendre, et disparaître. Bientôt l'on ne me verra plus. Et l'on m'oubliera. Comme si je n'avais été qu'une passade, un amusement, un accessoire. J'ai été la mauvaise herbe, avec laquelle on vit malgré tout, même si l'on avoue qu'elle ne nous manquera jamais. Celle qui gêne parfois. Celle qui s'accroche, celle qui veut rester présente. Celle qui vit dans un autre monde. Celle qui reste l'étrangère dans toutes les situations. Celle qui se sent constamment jugée. Celle qui doit accepter la réalité coûte que coûte. Celle qui a aussi tendance à ne penser qu'à elle. Celle qui ne veut pas rivaliser avec les roses, parce qu'elle sait qu'elle perdra. Quoiqu'on en dise, les jugements m'atteignent toujours autant. Et je regrette le fait d'assister, impuissante, à la perte de tout ce que j'ai et ce que j'aime.